… «à la grecque »*, dirons-nous, est une épreuve que je dois subir chaque année au mois d’aout. Non pas, âmes sensibles, que je ne me préoccupe de cette partie du corps qu’annuellement mais lorsque je suis en vacances dans mon petit village grec, loin de mon esthéticienne française habituelle d’Athènes, faut bien y passer…

Pourtant, Dieu sait que je recule le moment (j’ai même acheté un maillot non-échancré pour les mauvais jours…) mais quand faut y aller, faut y aller ! Sous le couvert d’une chaine a-priori assez luxueuse (et très prisée d’ailleurs) concernant tout ce qui est coiffure et épilation se cachent des mœurs barbares qui me rappellent à chaque fois mes accouchements…

A votre arrivée vous est offert un « kafedaki » (=petit café) et une pile de magazines féminins est mise à votre disposition, pour vous mettre à l’aise je suppose… Personnellement, j’avale mon café d’une traite et j’hésite à m’enfuir pendant qu’il en est encore temps… Arrive mon « épilatrice », blouse blanche et sabots d’infirmiers, où est la salle de travail ? Elle m’introduit dans une sorte d’open-space (mais oui, qui passe par là peut jeter un coup d’œil en passant…) et me propose de retirer mon underwear aussi, non merci je me suis déjà fait avoir une fois et j’en garde un souvenir pas glorieux… 

Pendant qu’elle remue sa pate verdâtre, je respire par à-coups, histoire de me relaxer et là… elle se retourne, le bâtonnet à la main… je bloque ma respiration… Et v’là qu’elle me fait mettre le pied droit sur le mur de droite, la jambe à l’horizontale et je suis allongée, pas facile essayez pour voir (y-a-t-il déjà eu des départs aux urgences de cet institut ?) et v’là qu’elle étale au moins 4 fois de suite sa pate aux mêmes endroits et qu’elle arrache à chaque fois d’un coup sec (je hurle intérieurement, je transpire, j’en peux plus…). Et je prie pour qu’elle ne remarque pas un p’tit poil réfractaire en haut, ce qui me vaudrait encore une série de poses de pate supplémentaire, parce que la pince à épiler connait pas la dame… Et on recommence de l’autre côté (le pied gauche sur le mur de gauche, la jambe à l’horizontale, etc., vraiment on dirait une posture de yoga « la posture de l’épilation du maillot »).

Bon après, je vous passe les détails mais c’est clair AUCUN poil ne survit au massacre.

Elle me tend un tube de crème adoucissante que je connais bien car prescrite… pour les fesses irritées des nourissons… « Pas de bains de mer pendant 1 heure, le temps que les pores se resserrent »… Tu m’étonnes…

Souffrir pour être belle a parfois ses limites et le rasoir n’a pas que des défauts.

PS : Vous ne m’en voudrez pas de ne pas mettre de photo…

*Bon bien sur je ne veux pas généraliser, n’empêche que c’est une situation vécue chaque année dans un même institut et par des personnes différentes à chaque fois parce que pas d’bol en aout tout le monde est en vacances.